Quand le cheval nous coache

Travail : quand le cheval nous coache (extrait article Psychologies)

C’est la dernière technique pour améliorer sa vie au bureau, mieux travailler en équipe, devenir plus créatif, être un leader motivant… A Psychologies, nous avons eu envie de tester le coaching guidé par le cheval.
Une approche vraiment originale qui n’est ni de l’équitation – les exercices ont lieu au sol -, ni de l’équithérapie – cette méthode thérapeutique s’adressant plus particulièrement, en France, aux personnes souffrant d’un handicap, d’autisme ou aux délinquants et prisonniers, qu’elle aide à se réinsérer -.
Le coaching par le cheval est l’exploration de nos points forts et de nos failles, de notre capacité à nous affirmer et à insuffler aux autres l’envie de nous suivre, grâce à un coach humain et un guide à quatre jambes (pour le cheval, on ne dit pas « pattes »). Le résultat attendu : l’abandon de nos comportements stériles et l’acquisition d’outils plus adéquats.
C’est ainsi que Margaux et Isabelle, journalistes, Nadine, éditrice, et Lison, qui œuvre au développement du magazine, se sont retrouvées au cœur du Parc du Vexin (95), pour rencontrer Eva Reifler et Eric Winckert, fondateurs de Vision for Leaders, centre de formations professionnelles accompagnées par le cheval -, et deux de leurs chevaux, Zaki et Markash.
Reportage réalisé par Isabelle Taubes et Margaux Rambert

1er exercice : développer son intelligence émotionnelle

La première partie de notre séance de coaching se déroule sans les chevaux, qui pour l’instant, broutent tranquillement sur la pelouse. Nous nous retrouvons dans un petit chalet en bois, avec feu de cheminée, pour un exposé théorique sur le pouvoir des émotions. Préalable indispensable car elles sont les moteurs de notre action.
En quoi le cheval nous aide-t-il à gérer notre vie émotionnelle ? Il est un maître en ce domaine. Il ne rumine pas, ne se pose pas mille questions stériles. Chez lui, l’émotion surgit, puis s’enfuit. Et il retourne brouter comme si rien n’était arrivé. Une leçon à suivre.
Frustration face à un projet qui n’avance pas, colère envers une décision arbitraire de son patron, peur de perdre son emploi… Nos émotions nous guident, ou au contraire, nous bloquent. D’où l’intérêt de les identifier, de saisir leur message pour évoluer et agir plus efficacement. Eva Reifler nous le rappelle, le mot « émotion » vient du verbe « se mouvoir » – « e-motion ».
Dans notre vie professionnelle – et dans notre vie tout court -, l’émotion qui nous bloque le plus est la peur. La crainte d’entendre notre patron nous refuser une augmentation ressemble étrangement à celle que nous éprouvons quand il s’agit d’avouer notre flamme à un amoureux, de monter dans le train fantôme, ou le grand 8. La sensation physique est la même. Mais s’agit-il vraiment de peur ?
Selon Eva Reifler et Eric Winckert, il faut distinguer la peur et la vulnérabilité. Il n’est légitime de parler de peur que lorsqu’un danger physique nous menace. Toutes les peurs que nous construisons avec notre esprit appartiennent au domaine de « la vulnérabilité ». Et notre point faible, là où nous nous sentons le plus vulnérable, résulte toujours de notre histoire personnelle.
Face à la sensation de vulnérabilité, pour éviter la paralysie, nous devons immédiatement nous demander : de quoi ai-je peur ? Vais-je mourir si je ne finis pas ce projet à temps, si je n’ai pas atteint mes objectifs à la fin de la semaine ? Non, bien sûr. Mais même si notre vie n’est pas en jeu, il y a des enjeux… à commencer par la nécessité de conserver notre emploi.
Alors qu’est-ce que je crains ? De décevoir, de mal faire, d’être ridicule… ? Après avoir identifié la nature de notre difficulté, Eric et Eva nous invitent à déceler le message positif derrière cette sensation de vulnérabilité.
Si nous sommes dans cet état d’inconfort, c’est que nous nous trouvons face à quelque chose de nouveau, d’inédit, dans notre façon de travailler ou dans notre rapport au travail. C’est donc l’occasion d’acquérir un savoir, d’intégrer une nouvelle expérience. Et dans tous les cas, rien ne nous empêche de demander de l’aide ou des conseils.
3 exemples de messages émotionnels
– Vous ressentez de la colère : c’est qu’une limite a été dépassée. Deux questions à se poser : laquelle ? Comment la rétablir ?
– Vous ressentez de la frustration : c’est que l’action mise en œuvre n’est pas efficace. Comment s’y prendre autrement ?
– Vous ressentez de l’agitation, de l’anxiété : c’est que vous êtes face à une personne incohérente. Quelle émotion ressent-elle vraiment derrière son masque de contrôle ou à l’inverse, de convivialité ? Cette émotion est-elle vraiment liée à vous ?
4 étapes clés
– Identifier l’émotion
– L’interroger
– Agir
– Retourner brouter – se recentrer, libéré de cette émotion

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